Actualité

« La qualification du travail : héritages et perspectives »

Journée d’étude, 15 septembre 2021

Conservatoire national des arts et métiers, 292 rue Saint-Martin, 75003 Paris (salle 17.2.10)

Sur place et en visio-conférence, 14h-17h15

La qualification professionnelle ou qualification au travail a fait l’objet d’intenses débats depuis les années 1950. Que l’on définisse la qualification au regard d’un métier, d’un poste de travail, d’un emploi ou d’une fonction, l’objectif invariant reste la construction d’un ordre articulé sur une hiérarchie formelle, fondée sur des critères objectifs et symboliques.

Si l’idée que la définition de la qualification devait résulter d’un compromis social entre les acteurs des relations professionnelles (autour du diplôme, de l’ancienneté, du poste de travail, etc.) s’est peu à peu imposée, l’émergence de la notion de compétence dans les années 1990 va raviver les débats. En permettant de mettre en œuvre des logiques d’individualisation de la relation de travail, de mobilité ou encore de rémunération, la compétence a mis en cause les repères collectifs élaborés dans les accords collectifs nationaux ou les statuts d’entreprises publiques. Cette « logique compétence » coïncide avec les analyses sur la non-qualification, voire sur une disqualification sociale affectant de larges fractions de travailleurs et/ou citoyens.

Mais la notion de qualification est-elle pour autant obsolète ? L’élargissement de la couverture conventionnelle à pratiquement tous les secteurs d’activité suppose toujours de définir les repères normatifs d’un classement social des salariés. La logique de la compétence elle-même semble s’être modifiée, pour se centrer sur l’élaboration de référentiels de la formation.

Enfin, l’injonction à l’employabilité d’une part, au professionnalisme de l’autre, si elle justifie de faire varier les cadres d’emploi (alternance, contrats courts ou longs, etc.) trouve toujours dans son horizon la stabilisation dans l’emploi qualifié. Ces éléments ne signalent-ils pas une actualité de la qualification, justifiant de revenir sur les enjeux dont elle est porteuse ? Cette journée d’étude propose de revisiter l’enjeu de la qualification dans ses différentes dimensions (spatiales, temporelles, sectorielles, etc.) en faisant dialoguer des chercheurs et experts d’horizons disciplinaires différents qui, par leurs travaux respectifs, apportent une lecture des enjeux contemporains de la qualification.

Comité d’organisation : Mara Bisignano et Samuel Zarka

Avec le soutien du Réseau thématique « Relations professionnelles  » (RT18) de l’AFS, du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE-CNAM, UMR 3320) et du laboratoire Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société  (IDHES, UMR 8533). 

Programme 

 

 

Enquête sur l’éco-responsabilité des équipes de décoration de cinéma et d’audiovisuel

Enquête réalisée dans le cadre du projet Circul’Art 2 : accompagner les secteurs du cinéma et de l’audiovisuel en Ile-de-France vers la transition écologique – Choose Paris Region (Commission du film d’Ile de France)

Le projet Circul’Art 2, porté par Film Paris Region avec le soutien de la région Ile-de-France, l’Ademe et Ecoprod, a été lancé le 25 janvier 2021 lors du Paris Images Production Forum. Il fait suite à une enquête menée à l’initiative du Collectif Éco-Déco Ciné en collaboration avec le sociologue Samuel Zarka et Film Paris Region auprès d’équipes de professionnels de la décoration cinématographique et audiovisuelle, afin de dresser un portrait de leurs pratiques. S’inscrivant dans le cadre de la COP Région Ile-de-France 2020, il a pour ambition d’inciter les professionnels des secteurs du cinéma et de l’audiovisuel en Ile-de-France à adopter des solutions et des habitudes écoresponsables.

En savoir +

Télécharger la synthèse de l’étude (mars 2021)

 

 

Portait de jeune chercheur : Samuel Zarka, La qualification du travail dans la production cinématographique en France

En quelques lignes, ma thèse sur la production pour le cinéma et la qualification du travail (blog du réseau thématique relations professionnelles de l’Association française de sociologie)

Votre thèse, réalisée au sein du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE, CNAM / CNRS) à Paris sous la direction de Fabienne Berton, s’intitule « L’équipe de cinéma. Genèse et portée de la qualification du travail dans la production cinématographique en France (1895-2018) ». Qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce sujet ?

Le cinéma présente l’aspect intriguant d’un monde partiellement immergé, visible, avec ses vedettes, ses paillettes et ses scandales. Le produit filmique est intrinsèquement destiné à la visibilité (même si ce n’est pas forcément le cas en pratique, de nombreux films sont sous-exposés en salle). Dans ma thèse, j’investigue en profondeur les conditions d’émergence du produit. Mon entrée privilégiée concerne le travail des équipes de films (décorateur.ices, costumier.es, monteur.euses, etc.), non seulement tel qu’il se déroule, mais tel qu’il se construit durablement au sein d’une industrie de prototypes.

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