Cinéma et audiovisuel

Qu'appelle-t-on qualifier? Le cas de la production cinématographique

L’équipe de cinéma. Genèse et portée de la qualification du travail dans la production cinématographique en France. 1895-2018

Thèse réalisée sous la direction de Fabienne Berton (CNAM) et Marie-Christine Bureau (CNRS) au LISE (UMR 3320 CNAM CNRS)

Soutenance le 5 décembre 2019 au Conservatoire national des Arts et métiers

Avis de soutenance

Lien vers la thèse

Résumé

Cette thèse propose de restituer la construction des qualifications professionnelles au sein des équipes de production de films de cinéma en France. Ces collectifs de travail sont saisis à travers la question récurrente de la qualité professionnelle de leurs membres, comme le réalisateur, le chef opérateur, le chef décorateur, etc. et leurs auxiliaires techniciens et ouvriers. Cette qualité comprend plusieurs dimensions, comme le métier, la rémunération ou les représentations qui y sont attachées. Ce faisant, l’enquête porte sur la reconnaissance et l’articulation de ces dimensions dans le temps long : comment la qualification est-elle définie et reconnue ? Par qui et en fonction de quels déterminants ? Comment la qualification évolue-t-elle dans le temps ? Quelle relation est établie entre la qualification et les autres institutions sectorielles ?

À travers une approche sociohistorique, la thèse entend montrer que la qualification se manifeste comme enjeu revendicatif récurent, engageant l’accès à l’emploi, les modalités de reconnaissance des hiérarchies et périmètres professionnels, la mobilité dans la carrière ou dans le parcours, etc. Dans le même temps, la thèse montre comment la qualification se constitue en assise d’une revendication plus large sur l’avenir de l’industrie.

Trois axes d’enquête sont privilégiés.

a) Un premier axe analyse l’alternance entre référence au métier et référence à la branche, pour déterminer l’espace pertinent de qualification.

b) Un deuxième axe observe ce que l’art fait à l’équipe, considérant l’effet en retour du produit (le film) sur la manière dont se conçoit la qualité professionnelle.

c) Un troisième axe appréhende les conditions socio-économiques permettant de reconstituer indéfiniment des équipes, comme collections éphémères de qualifications au sein d’une industrie de projets.

Au fil de ces trois axes, notre regard n’est pas centré sur le tournage, mais évolue dans différentes arènes de négociation et de débat (institutions professionnelles, ministère du Travail, revues critiques, etc.), au sein desquelles se construisent les catégories d’une phénoménologie du travail. Ainsi, nous montrons comment la qualification s’institue et se transforme, à travers une pluralité de supports : carte d’identité professionnelle, convention collective, règlementations du Centre national de la cinématographie, lien à l’indemnisation chômage…

Ces trois axes sont investis au fil d’un cheminement chronologique : une première partie de la thèse (1895-1944) se consacre à la période voyant le passage d’une intégration verticale à une intégration nationale du cinéma français. Une deuxième partie (de 1945 aux années 1990) revient sur l’émergence de nouvelles équipes, en lien avec la Nouvelle Vague puis avec le développement d’activités ciné-audiovisuelles. Enfin, une troisième partie (des années 1990 à nos jours) analyse l’expérience contemporaine de la qualification, au regard des conventions collectives, de la numérisation et de la délocalisation des productions. Tout au long de la thèse, notre attention à la relation entre organisation et droit du travail permet de faire apparaître un « monde de production » cinématographique, dans ce qu’il a de spécifique, mais aussi de commun avec d’autres activités.

Pour élaborer cette enquête, il a fallu recourir à un matériau d’archives, d’entretiens et de lectures, complété d’observations directes de séances de négociation collective. Ce matériau est exploité dans une approche croisant sociologie du travail, des professions, des relations professionnelles, des organisations, du droit et du cinéma. En observant une industrie sur longue période, la thèse réinvestit les enquêtes sur la qualification du travail initiées depuis les années 1950 par Pierre Naville et Georges Friedmann.

Mots clés : Qualification ; convention collective ; droit du travail ; négociation collective ; compétence ; cinéma.

Source photo

 

INFOS ET TRAVAUX ASSOCIÉS (SELECTION) ///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

« Il faut sauver les studios de Bry-sur-Marne »

« Il faut sauver les studios de Bry-sur-Marne »

Contribution sur l’ancrage territorial du travail

Le monde des collectifs. Enquêtes sur les recompositions du travail

Dir. F. Rey et C. Vivès, Teseo, Buenos Aires, 2020.

 

« Conclusion » à L’industrie du rêve (audio)

20ème rencontres arts et techniques. 23 janvier 2020, Forum des images, Paris.

 

Droit, non droit et dérogation dans le cinéma français

Article dans Les Cahiers du CHATEPF, Comité d’histoire des administrations chargées du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, n°23, Nov. 2019.

 

1981 : une recomposition syndicale dans l’audiovisuel et le cinéma

Article dans Le Mouvement Social, n° 268 2019/3.

 

Le film : du projet au produit. Un parcours par la décoration de cinéma

Article dans Cités, 2019/1, n° 77.

 

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« Qualification, déqualification et requalification du travail. Le cas des costumières de cinéma »

Communication au colloque Le costume sur un plateau, 12-13 mars 2019, Université Sorbonne nouvelle, Paris.

 

RT18

« Fait associatif et fait syndical. La recomposition de l’action collective dans le cinéma et l’audiovisuel en France »

Communication pour La fin d’un monde ? Salariat, syndicats et politiques du travail face aux réformes libérales, Journées d’études organisées par le Réseau Thématique « Relations professionnelles » de l’Association Française de Sociologie, CNAM et MSH Paris Nord, 6 et 7 septembre 2018.

 

JIST

« Studio, travail et financement : ou les métamorphoses de la Cité par projets »

Communication aux Journées internationales de sociologie du travail, 2018, Paris.

 

L’édifice classique du cinéma français. Histoire et perspectives (1936-2018)

Chapitre dans l’Ecran rouge, Syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo (Tangui Perron, dir., L’Atelier, 2018).

 

mad - métiers associés du décor

« Conventions collectives, droit social, intermittence : un siècle de lutte dans le cinéma français »

Conférence, pour MAD – Métiers associés du décor, Fémis, Paris.

 

« Les corporations sont-elles vouées à se dissoudre dans un contexte de production transnational ? Le cas des techniciens de la production cinéma en France. »

CR25 : Sociologie des relations professionnelles et du syndicalisme

« Numérisation de la production cinéma : vers la chute d’une aristocratie technique ? Le cas du directeur de la photographie »

CR32 : Savoirs, métiers, identités professionnelles

Communications au congrès de l’AISLF, 4-8 juillet 2016, Montréal.

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